Champions du Monde

Jeudi 21 juillet 2011 4 21 /07 /Juil /2011 05:30

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Auréolé de son titre de champion du Monde Junior, Karpov est autorisé à participer, avec Stein, à son premier tournoi d'échecs International en Occident, à Caracas, au Vénézuéla. Tolya finira 5eme avec un +8, =7 et -2, dont une défaite retentissante contre le vieux briscard yougoslave, Borislav Ivkov, alors que le champion soviétique avait refusé une proposition de nulle !


La voie vers le titre suprême ne serait donc pas un paisible chemin ! Des critiques, déjà, pointaient la combativité incertaine du jeune champion, qui avait tendance à trop faire de nulles et à respecter un peu trop ses aînés selon Micha Tal ! Il est vrai que lors du 38th championnat d'URSS, à Riga, en cette année 1970, Karpov fit 14 nulles ! D'ailleurs, au cours de ce championnat, il reçut une leçon en finale contre un certain Korchnoi qui fut sacré champion, reléguant son dauphin, Tukmakov, à 1,5 points . Tolya finit 5eme avec 12 points sur 21. Véritable marathon échiquéen, le champion d'URSS était, à l'époque, le plus fort tounoi du monde, ce qui pouvait expliquer quelques passages à vide du champion du Monde Junior, notamment contre l'obscur Oleg Dementiev, où Anatoly testa la défense Alekhine ...
L'année suivante, en 1971; un match amical l'opposant à Viktor Korchnoi, à Léningrad, se termina sur un score de parité. Dans la 6eme partie, le jeune espoir soviétique se permit de mater le vieux briscard !

A Léningrad, pour le 39th championnat d'URSS, Karpov fut encore un peu juste dans un tournoi gagné par l'invité surprise, le maître ukrainien Vladimir Savon, qui devança deux champions du Monde !! Toujours 5eme, comme l'année précédente, Tolya démontra qu'il ne fallait pas réveiller le tacticien qui était en lui, Tseitlin en fit les frais en le défiant sur l'Espagnole avec le gambit Jaenisch !

Mais le jour de gloire de cette année 1971, arriva en ce froid mois de décembre, au Mémorial Alekhine, à Moscou. Devant le gratin des échecs mondiaux, Karpov neutralisera Spassky, Petrossian et Tal, avant d'occire Vlastimil Hort, dans la 11eme ronde, pour gagner le tournoi, au départage, face à Léonid Stein.

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Botvinnik dira à Kotov, après ce triomphe:
"Rappelle-toi ce jour. Une nouvelle star des échecs vient de naître !"

Dans la revue 64, Petrossian se montrait dithyrambique sur le jeu karpovien :
"Je pense que Karpov est, aujourd'hui, notre principal espoir échiquéen, et qu'il sera, dans quelques années, une barrière insurmontable sur le chemin du titre suprême pour les joueurs occidentaux."

C'est Boris Spassky, le champion du Monde en titre, qui allait défendre son titre contre Robert Fischer, qui dut être content de ces déclarations !
Peu après l'exploit moscovite, Tolya remettait le couvert à Hastings, en partageant la première place avec Korchnoi, qui prit sa revanche de Moscou sur une Trompowsky !
Aux Olympiades de Skopje, en 1972, il tutoie les sommets avec un score de 13 points sur 15 et le new-yorkais Arthur Bisguier va se faire tactifier contre le jeune prodige soviétique !

L'ancien champion du Monde, Mikhaïl Tal,

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rendit hommage à la nouvelle étoile des échecs soviétiques, après le tournoi :
"C'est à Skopje que je me suis aperçu du talent de Karpov. Jusqu'alors, malgré ses bons résultats, je n'ai pas impressionné par son style de jeu, d'un point de vue créatif."

La FIDE décida alors qu'en tant que champion du monde Junior, Karpov serait qualifié directement pour l'Interzonal, , ce qui permit à Tolya d'aller jouer, avec Keres et Petrossian, le super-tournoi de San Antonio. L'organisateur du tournoi, George W. Church Jr à la tête d'une compagnie de restauration rapide, avait organisé son Church's Fried Chicken International avec 4 000 $ de prix au vainqueur, dans l'espoir d'attirer Bobby Fischer. Mais ni l'américain ni Spassky ne vinrent à San Antonio, et c'est Lajos Portisch qui,au départage devant Petrossian et Karpov, rafla la mise !

   La profondeur stratégique d'Anatoly va s'illustrer à merveille contre Gligoric, avec ce 42.Dg1 ! que le champion expliqua de la sorte 

«  1°) Les Noirs ont une seule faiblesse, c'est le pion c5. Mettre la pression sur ce pion permettra de river les pièces adverses à sa défense et de limiter leur manoeuvrabilité.

2°) La meilleur case pour le roi blanc est f3, à l'abri des échecs adverses et surprotégeant le Fou en g4 et libérant la diagonale g1-a7 pour la batterie Fou-Dame.

3°) Les blancs doivent lutter pour le contrôle de la colonne « h » et développer aussi leur initiative sur l'aile-roi. Mais au moment favorable, ils pourront faire porter le poids de leur offensive sur l'aile-dame, profitant de la grande mobilité de leurs forces."

 

Voici la partie:

 


Mais Karpov se prit une magnifique combinaison par le hongrois Lajos Portisch et dut déposer les armes pour offrir la victoire à son adversaire !

Au même moment, à Santa Monica, un certain David Bowie faisait étape dans la ville, pour son Ziggy Stardust Tour !
Il m'étonnerait que le sage Tolya ait assisté au concert du fantasque Ziggy ! Par contre, Santa Monica fut l'occasion pour le jeune prodige de recontrer The King, Robert Fischer, himself ! Les organisateurs avaient invité Bobby pour donner le coup d'envoi de la dernière ronde, et le champion américain se distingua par son retard, ce qui repoussa d'un quart d'heure  le début des parties ! Petrossian, guoguenard s'exclama alors:

"Fischer ne se contentait pas d'arriver en retard lors de ses propres parties, mais qu'il l'était aussi pour les parties des autres !"

 

L'ancien "kid de Brooklyn" serra la main à tous les joueurs et ça sera la première, et la dernière fois, que Karpov verra Fischer ! 

 

L'année 1973 verra l'organisation des deux Interzonaux, l'un à Pétropolis, au Brésil, dans l'antre du prodige brésilien, Henrique Mecking,

 

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l'autre à Léningrad, pour désigner les futurs candidats au titre mondial. 

 

Si Mecking gagna au Brésil, Korchnoi et Karpov survolèrent l'Interzonal de Léningrad et finirent à 13,5 points. 

 

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Le GM philippin, Eugenio Torre essaya de surprendre Karpov avec son Alekhine, mais sa Dame ne résista pas au jeu du jeune russe ! 


Face à Quinteros, qui jouait la variante Najdorf, Karpov montra comment il allait traiter la variante du pion empoisonné, un avertissement sans frais pour Fischer, grand expert de cette ligne !

Lors du 41th championnat d'URSS, Boris Spassky, déchu de son titre à Reykjavik, démontra qu'il n'était pas fini, en remportant la mise devant Karpov, Petrossian, Polougaievsky, Korchnoi et Kuzmin !
 Contre  Karpov, Viktor le terrible, abandonna sa partie  lorsqu'il joua 41.h4.

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Pourquoi cet abandon ?
Après ce championnat d'URSS, Karpov expliqua qu'il n'avait pas joué  libéré, car il devait garder ses préparations secrètes pour affronter Polougaievsky, dans son quart-de-finale du match des Candidats.
Le dernier tournoi avant son match contre Polou, fut le super-tournoi de Madrid, auquel Karpov et son entraîneur, Semyon Furman, participèrent, pour terminer 1er et 3eme !! La partie contre Roberto Calvo illustre à merveille le style karpovien, variante "boa constrictor" ! En effet, dans cette partie, jusqu'au 31eme coup, aucun pion et aucune pièce ne furent échangés, mais, déjà, la position était stratégiquement gagnée pour le soviétique !

Robert Fischer suivait le parcours du jeune prodige soviétique, puisque d'après le témoignage de Tal, l'été 1973, alors que Karpov donnait une simultanée à Berlin, une femme, reconnue comme la mère de l'américain, se serait approchée du champion pour prendre des photos !
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Le début 1974 voyait les quarts de finale des Candidats commençer ! Lev Polougaevsky, 39 ans,
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se dressait sur la route de Tolya. Très à l'aise dans les positions tactiquement complexes, Furman conseilla à son poulain de ne pas rentrer dans des positions où la tactique serait reine, donnant à son adversaire des armes pour le combattre !
Dans ce match, Karpov scora trois fois contre la Najdorf de Polou, pourtant grand expert de la Sicilienne ! Parfois la traitant de manière positionnelle, comme dans la 4eme ronde,

ou la combattant de manière plus belliqueuse, comme dans la 6eme ronde !

L'apparente facilité avec laquelle Karpov avait écrasé les Najdorf de Polougaevsky était un signal fort envers Fischer, grand fan de ladite Sicilienne !

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A San Juan, à Porto-Rico, Boris Spassky était venu facilement à bout de Robert Byrne et se dressait dorénavant contre le jeune espoir soviétique ! L'ex-champion du Monde  était revenu en grande forme après sa victoire au 41th championnat d'URSS et aspirait à prendre sa revanche contre l'américain.
Sa victoire lors de la 1ere ronde du match, laissait présager une victoire facile pour Spassky !
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Spassky, avait mis fin à 25 parties consécutives sans défaite, pour Karpov. Le futur champion du Monde revint sur cette déconvenue, après son match :
"J'avais pris froid, la veille, et je ne me sentais pas très bien le jour de cette première partie. J'ai choisi une ligne compliquée qui demandait beaucoup de calculs et j'ai surestimé ma résistance physique. [...] Paradoxalement, cette victoire a joué un mauvais tour à Spassky, qui a pensé que ce match serait facile pour lui !"
3eme ronde, et Karpov abandonna son 1.e4, pour éviter la Sicilienne de son adversaire, et, avec 1.d4, se décidait pour un jeu plus positionnel qui lui convenait mieux ... Choix gagnant, puisque Tolya massa Boris et égalisa !

9eme ronde et Karpov qui se sent assez fort pour rejouer 1.e4, et affronter la Sicilienne de Spassky. Et le talent positionnel du champion en herbe va alors parler, avec cet incroyable 24. Cb1 !!, coup karpovien s'il en est, dont l'objectif était uniquement d'améliorer la position d'une pièce mal placée ! Superbe partie conclue par une combinaison gagnante, et un score de +2, pour Tolya !

Spassky ne se remit jamais de cette défaite et perdit même la 11eme partie et le match ! Lorsqu'on demanda, bien plus tard, à Karpov, quel fut le match où il tutoya les sommets, Anatoly parla de cette rencontre où il terrassa l'ancien champion du Monde, résultat qui impressionna beaucoup de monde et qui dut inquiéter un certain Fischer, qui vit son adversaire malheureux de 1972 se faire écraser par le nouveau venu !
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Certains, d'ailleurs, expliquèrent cette défaite par la défection, peu avant le match, du secondant de Spassky, Efim Geller, qui rejoignit le clan karpovien. Mais si ce dut être un coup dur pour l'ancien champion du Monde, celui-ci n' a jamais argué de cette "trahison" pour expliquer sa défaite.
Après s'être défait d'Henrique Mecking, Korchnoi avait terrassé son ennemi intime, Tigran Petrossian, sur le score de 3 à 1,
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Korchnoi était un spécialiste de l'Anglaise, ouverture peu jouée à haut niveau, à cause des maigres perspectives qu'elle promettait dans le milieu de jeu. Il pouvait jouer aussi des débuts peu orthodoxes, comme son début Larsen contre Mecking,  qui ne promettaient aucun avantage particulier. Mais l'homme était très fort dans les milieux de jeu sans les Dames et il excellait dans les phases finales  dans lesquelles il avait surpassé Petrossian, c'est pour dire ! L'arménien s'était d'ailleurs fait mater, à la surprise générale, lors de la 1ere ronde du match !!
En fait, si Karpov avait un jeu plus classique que Korchnoi, préférant les ouvertures du pion roi et du pion dame, les deux hommes avaient des styles assez proches, préférant les longues manoeuvres aux attaques frontales, excellant dans les phases finales, promettant un match assez serré !
Notons qu'avant le match, les deux hommes furent partenaires lors des Olympiades de Nice, à laquelle refusa de participer Bobby Fischer, et qui vit Karpov gagner la médaile d'or au 1er échiquier !
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(Ulf Andersson contre Karpov, aux Olympiades de Nice)
Korchnoi avait planifié une stratégie, pour contrer Karpov : varier les défenses avec les Noirs pour déstabiliser son adversaire et compter sur sa plus grande expérience des schémas de jeu pour faire la différence dans le milieu de jeu ...Une stratégie qui va rapidement échouer, puisque dès la ronde 2, le Dragon de Korchnoi va se faire terrasser par Karpov !
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Viktor  le terrible, trop confiant en lui, avait joué une ouverture en double-tranchant contre son jeune adversaire, voulant forcer son destin ! Il se retrouvait donc avec une longueur de retard dès la deuxième ronde !
2eme étage de la fusée Korchnoi, à la 6eme ronde, la Défense Petrov, sensée perturber Karpov ...mais qui se termina encore par une défaite pour les Noirs ! 
Alors que les deux joueurs se neutralisaient dans les 10 parties suivantes,
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Karpov arriva à résister à l'attaque de Korchnoi et à porter l'estocade ! Anatoly menait donc par 3 à 0 et le match semblait plié !
Mais la particularité d'un Korchnoi, par rapport à un Spassky, c'était l'extrême combativité du bonhomme ! Lorsqu'on a vécu le siège de Léningrad par les allemands, durant la seconde guerre mondiale, on peut survivre à tout, même à l'ouragan Karpov !
Lors de la ronde 19, Viktor ressort la Trompowsky de la naphtaline et va gagner une finale de Tours certainement égale !
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A la surprise générale, Korchnoi récidivait lors de la 21eme ronde en miniaturisant Karpov !!

Incroyable scénario qui était en train de se produire à Moscou, avec un Viktor qui revient en force et un Anatoly semblant s'effondrer sous la pression !!
Il restait 3 rondes à Korchnoi pour égaliser, le suspens était encore complet !
Lors de la 22eme ronde, Karpov utilisa un début solide avec les Blancs, l'Anglaise, ouverture qu'il n'avait quaisment joué, et dont Korchnoi était le spécialiste ! Nulle en 30 coups.
23 eme ronde et nulle en 29 coups ... 
24 eme ronde et nulle en 31 coups ...
Korchnoi était-il fatigué ? Résigné ? En tout cas ces nulles rapides alors que le joueur de Léningrad avait besoin d'une victoire pour égaliser me semblent assez curieuses et peu conformes avec la réputation du joueur !
Karpov gagnait donc ce match par le score de +1,
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A 23 ans, le joueur de Zlatooust,
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gagnait le droit d'affronter Bobby Fischer pour le titre suprême !
Mais le génie américain, qui avait terrassé l'ogre soviétique en 1972, n'avait plus joué en partie officielle depuis 1972, vivant quasi-reclu dans sa tour d'ivoire !
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Le champion du monde essaya d'abord d'imposer ses propres règles à la FIDE, en demandant que le vainqueur serait celui qui atteindrait, le premier, 10 parties gagnées sans limitation de parties. La Fédération Internationale refusa les désideratas de Fischer, tenant aux règles régissant les finales du championnat du Monde depuis le Congrès de Paris, en 1949 et confirmées lors du Congrès de Nice, en 1974, qui signifiaient que le vainqueur serait celui qui aurait le plus de points après 24 rondes, le tenant du titre gardant sa couronne en cas d'égalité 12 à 12.
Fischer clama que les règles de la FIDE était injuste pour le tenant du titre et dans une lettre à Larry Evans, de novembre 1974, publiée par Chess Life, le champion américain écrivait:
"Steinitz, Chigorin, Lasker, Gunsberg, Zukertort, etc, ont tous joué avec le système que je propose, alors que les soviétiques prétendent que mes demandes concernant le futur match n'ont jamais eu de précédent !".
Le Président des échecs américains, Ed Edmondson, essaya de ramener Fischer à la raison,
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mais rien n'y fit, et un Congrès extraordinaire de la FIDE, se réunit en mars 1975, à Bergen-aan-Zee, au Pays-Bas et réaffirma le primat des règles de la FIDE, pour l'organisation de la finale du championnat du Monde !
Devant le silence assourdissant du champion du Monde, Anatoly Karpov fut proclamé champion du Monde des Echecs le 1er avril 1975.
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Beaucoup de monde a glosé sur l'attitude fishérienne et son refus de se soumettre aux règles de la FIDE. Quelques considérations personnelles sur les motivations du champion américain:
1°) Robert Fischer qui avait voué sa vie au jeu d'échecs, qui aspirait 98 % de son temps, d'après lui, était atteint du syndrome d'Asperger, forme d'autisme, pour les uns, d'une schizophrénie paranoïde pour les autres, ce qui pourrait expliquer ce monologue intérieur sourd aux sollicitations extérieures et donc ce rejet des règles de la FIDE, vu comme un organisme lui voulant du mal.
2°) Le titre mondial, et après ? Fischer a voué sa vie à acquérir le titre mondial qu'il a eu en 1972, en battant Spassky à Reykjavik. Que pouvait-il espérer après ce titre, à part le perdre un jour ? Horizon effrayant pour ce joueur singulier, que de garder son titre contre les soviétiques ! Pour ne pas perdre son titre sur l'échiquier, combat, à terme, perdu d'avance, il ne pouvait donc que le garder ,symboliquement en se retirant du monde et être champion du Monde pour toujours ! D'ailleurs, lorsqu'il revint parmi les vivants, en 1992, il recommença là où il s'était arrêté, en 1972, avec un match revanche, à Belgrade, contre ...Boris Spassky !
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Pour Fischer, cette parentèse de 20 ans, n'avait pas existé, et il était toujours, pour lui, le champion du Monde des échecs !
3°) La menace Karpov. On sait que Fischer suivait les résultats de Karpov, étoile montante des échecs soviétiques contre qui il n'avait jamais joué. Or,  le joueur de Zlatooust s'était montré impressionnant depuis 1972, progressant chaque année, alors que Bobby ne jouait plus, écrasant la Najdorf de Polougaesvsky, la défense fétiche de l'américain contre 1.e4, en 1974, en quart de finale des Candidats,  battant aisément Boris Spassky, en demi-finale, pourtant 41eme champion d'URSS devant tout le gratin des échecs soviétiques, en 1973, et, enfin, battant le coriace Korchnoi ! On peut donc imaginer l'inquiétude d'un Fischer devant cette étoile montante qu'il n'avait jamais rencontré sur un échiquier ...Or, pour un Asperger, la routine est un pain quotidien, détestant la nouveauté ...Il est possible que Fischer eut joué la finale si son challenger fut Spassky ou Korchnoi, deux joueurs qui lui étaient familiers, mais pas contre cet inconnu de Karpov, qui avait terrassé toute la vieille garde soviétique ! L'américain aurait-il eu peur de rencontrer son challenger ? Associé à ses troubles psychiques, à l'oisiveté échiquéenne depuis son titre, il est fort possible que Bobby n'ait plus eu l'énergie nécessaire pour affronter son jeune adversaire, qui s'était sorti brillament des matchs des candidats et qui annonçait une ère nouvelle dans les échecs soviétiques et mondiaux !

Pour Karpov, ce titre par "défaut", fut une tragédie personnelle ! Comme il le précisa plus tard, le fait de ne pas jouer contre Fischer fut un rêve avorté, comme un enfant se trouvant devant un jouet cassé ! Curieusement, ce refus fischérien projeta l'américain dans le mythe et déligitima le titre du soviétique, gagné sur le tapis vert, les aficionados ne retenant que cette finale tronquée et oubliant les fabuleux matchs des Candidats de Karpov ! Tolya, victime des lazzis en Occident, stigmatisant ce champion incomplet, souffrira pendant longtemps de ce déficit de légitimité, faisant de lui le mal-aimé des échecs mondiaux, et les matchs suivants n'arrangeront rien ! Mais celà est encore une autre histoire !
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Un documentaire de la télévision soviétique en 1975, retraçant l'entraînement du champion. On le voit avec sa famille, au début, puis avec son équipe, où l'on reconnaît Semyon Furman et Efim Geller. Un petit blitz contre Rafael Vaganian, sous l'oeil de Furman, avec ces pendules mécaniques blanches que tout "vieux" joueur d'échecs connaît.

La suite, avec une série d'autographes et Tigran Petrossian en train de blitzer tout en parlant.
Et enfin, le titre mondial décerné par le Dr Max Euwe, président de la FIDE, après le refus de Fischer de rencontrer son challenger, avec Semyon Furman qui fête le titre en remplissant un verre de vodka !

Par Tietie007 - Publié dans : Champions du Monde
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Dimanche 10 juillet 2011 7 10 /07 /Juil /2011 06:49

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Anatoly Karpov est né le 23 mai 1951 à Zlatooust, dans l'oblast de Tcheliabinsk, ville industrielle au sud des monts Oural, à la limite entre l'Europe et l'Asie, dans une famille de la classe moyenne soviétique, son père étant contremaître dans une des usines de la ville. Déplaçant les pièces dès l'âge de 4 ans, il devient vite le cador de la section Echecs de l'usine métallurgique de son père, dès 7 ans. Etudiant les ouvertures dans les livres de Vasily Panov et dévorant le livre de Capablanca, le jeune Tolya devint très vite un joueur de 1ere catégorie, très vite entraîné par Leonid Gratvol. Le jeune homme, extrêmement doué, attire l'attention du grand Botvinnik,

 

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lorsque ce dernier se retrouva perdant, contre le champion en herbe, lors d'une simultanée donnée par l'ancien champion du monde, en 1964 ! Mais Tolya, étreint par l'émotion, ne put terrasser le vénérable Mikhaïl !

Le style karpovien commence à se dessiner, dans cette adolescence nourrie à l'école Botvinnik.

 

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(Karpov, à l'extrême-gauche, au premier rang, devant un certain Evgeni Svieshnikov !)

 

Loin des attaques foudroyantes de son idole juvénile, Mikhaïl Tal, Tolya construisit sa position avec patience, jouant sur les deux ailes, prenant de l'espace avec ses pions, pour porter l'estocade lorsque la position devint mûre ! Cette partie contre Viktor Fedin, lors d'un championnat junior, illustre à merveille le style du "Kid de Zlatooust", grand connaisseur de la Sicilienne fermée, ouverture rampante qui lui convenait à merveille !

 


En 1965, après Botvinnik, Tolya annule contre un certain Boris Spassky, futur champion du monde, lors d'une simultanée donnée à Vladimir. Spassky ne se doutait pas que l'adoleschent chétif qui lui avait pris le demi-point, allait, 8 ans plus tard, l'éliminer de la course au titre mondial !
Après sa première norme de Maître, faite en annulant par deux fois contre son futur secondant, Igor Zaitsev, Anatoly sort pour la première fois d'URSS pour aller rencontrer le jeune espoir norvégien, Einar Hatlebakk, à Stockhölm, en 1966. Une nouvelle fois, Tolya, contre une Espagnole, va montrer son extrême compréhension stratégique et son excellence dans le maniement de pions !

Premier tournoi à l'étranger, à Trinnec, en Tchécoslovaquie, en 1966, et première victoire, écrasante, avec un score stratosphérique de +9, =4  ! Tolya faisait toujours des ravages avec sa Sicilienne fermée !

 

 

En décembre 1967, Karpov participe à sa première grande compétition internationale, le champion du Monde Junior à Groningue au Pays-Bas, où il va se frotter aux espoirs échiquéens du continent, notamment le hongrois Andras Adorjan et le batave Jan Timman. Ce dernier va connaître un sort funeste contre l'Anglaise du soviétique, début d'un long chemin de croix contre Karpov,  pour le "futur grand espoir de l'Occident" ! Premier grand tournoi international et première grande victoire pour Tolya, devant le hongrois Adorjan !

 

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(Adorjan et Karpov)

 

Revenu sur ses terres auréolé du titre continental Junior, Karpov gagner le championnat de Moscou en produisant une partie d'anthologie contre le Dragon d'Evgeni Gik , avec l'incroyable 26.Tf5 !!


Quelques années après, les deux hommes écriront Des Echecs à l'Infini, avec cette partie en introduction !
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Le stratège Karpov pouvait donc se révéler un fin tacticien !
C'est à cette époque que Tolya va rencontrer son nouveau mentor, Semion Furman,
entraîneur d'échecs officiel dans l'Armée Rouge.


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(Semion Furman regardant le jeune Karpov, en 1969)
Ce qui frappa Furman à l'époque, c'est la fragilité physique de son poulain, plus roseau qu'arbre, qui le fit douter, un moment, de l'avenir échiquéen de son élève ! Mais très vite, le grand-maître comprit que derroière la frêle silhouette karpovienne, se cachait un joueur d'échecs aux qualités techniques exceptionnelles, possédant une force mentale hors du commun, deux attributs qui en faisaient une graine de champion !
D'ailleurs, lors du championnat d'URSS par équipes, Tolya tutoya les cieux avec un score stratosphérique de +10, et une victoire contre un autre espoir des échecs soviétiques, Oleg Romanishin !
La tactique étant le couronnement de la stratégie, trouverez-vous le petit coup Capablanquesque qui termina la partie ?

Les Blancs jouent et gagnent.

Karpov, An-Romanishin, O, Riga tt 1968, 1-0.

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En 1969, Anatoly s'inscrivit à l'Université d'Economie de Léningrad, mais ce n'était un secret pour personne que le jeune champion allait plus étudier les échecs que les dédales du Gosplan ! Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Tolya s'installa dans la prestigieuse cité de la Baltique, haut centre échiquéen d'URSS qui sortit des champions comme Boris Spassky ou Viktor Korchnoi !
L'année 1969 se conclut par le titre Junior d'URSS, devant l'espoir arménien Rafael Vaganian. La double confrontation entre les deux joueurs, se termina par un match nul +1 -1, avec une élégante fin dans une finale de fous de couleurs opposés !

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Ici, le joueur de Zlatooust joua l'élégant 54...Fe5+, entraînant l'abandon de son adversaire, les deux pions n'étant pas arrêtables !
Mais en cette année 1969, c'est à Stockhölm que le jeune Tolya va connaître la consécration internationale, en devenant champion du Monde Junior !

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Il battra son clône suédois, Ulf Andersson, après une partie positionnelle où les manoeuvres de Cavalier seront légions, avant que Tolya arrive à percer le "coffre-fort" nordique !

Mais le prodige soviétique montrera aussi ses compétences tactiques, avec cette offensive sur le roque blancs du malheureux Juhnke, qui se terminera par une petite combinaison du meilleur goût !

Les Noirs jouent et gagnent.

Juhnke, J-Karpov, An, Wch Jr Stockhölm 1969 (6), 0-1.

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Curieusement, Karpov reprenait un titre que les soviétiques n'avaient plus gagné depuis la victoire de Boris Spassky à Anvers en 1955 !

Ce titre mondial Junior, consécration de la période d'apprentissage, ouvrait des horizons vers les sommets ! Mais la route sera encore longue ...


Par Tietie007 - Publié dans : Champions du Monde
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Samedi 29 mai 2010 6 29 /05 /Mai /2010 12:46

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Vishy Anand a gardé son titre en battant la star bulgare, à Sofia, Veselin Topalov,

 

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triomphe de l'indien qui, depuis près de 20 ans, surfe sur les sommets échiquéens !

 

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En effet, Anand a eu le privilège d'affronter les 2 K, en finale d'un champion du monde, perdant contre Kasparov, en 1995, au sommet du World Trade Center,

 

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 A Lausanne, 3 ans plus tard, c'est contre Karpov que l'indien chute, en finale du championnat du Monde FIDE. Mais en 2000, en Téhéran, le Tigre de Madras va enfin toucher le nirvana échiquéen, en disposant de l'espagnol Andrei Shirov, à Téhéran, coiffant ainsi, pour la première fois, la couronne mondiale.

 

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Après avoir perdu son titre, en 2002, il affronte le tombeur de Kasparov, de Leko et de Topalov, the "iceman",  le russe Vladimir Kramnik, en 2008, à Bonn,

 

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et après un superbe match, l'emporte et  devient le nouveau champion du Monde FIDE ! Le match de Sofia, contre Veselin Topalov, était donc un nouveau challenge, pour Vischy,

 

 

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puisque le challenger bulgare jouait à domicile.

Premier rebondissement dans la capitale balkanique, après le Toiletgate, qui avait marqué les esprits lors du match Kramnik-Topalov, à Sofia, pour le titre mondial, en 2007, c'est le Volcangate qui prit la suite, trois plus tard, dans la capitale bulgare !

 

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En effet, à cause des colères du volcan islandais Eyjafjöll, qui crachait ses cendres dans les cieux, beaucoup d'aéroports européens furent fermés, ce qui fut le cas de celui de Francfort, où le champion indien devait s'envoler pour son destin échiquéen ! Vishy demanda alors un report de 3 jours, pour lui permettre de rejoindre dans des bonnes conditions, la capitale bulgare, mais la FIDE refusa la requête !! Heureusement, dans sa grande sagesse, le comité d'organisation et son superviseur, l'inoxydable hellène Makropoulos,

 

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décidèrent de reporter le match d'un jour !

 

C'est donc le 24 avril 2010, qu'en présence du premier ministre bulgare, Borisov, ici avec le président de la FIDE, Kirzan Iloumjinov et le puissant manager de Topalov, Silvio Danailov,

 

chess-trio-danailov-sofia.JPG

 

que les hostilités furent lancées !

 

anand-topalov-fide-world-sofia.JPG

 

 Première partie, et premier coup de tonnerre dans un ciel d'azur !

 

 

Une véritable leçon de préparation théorique de la part du bulgare !
capello.jpg
Mais le Tigre de Madras, malgré cette défaite en ligne, va trouver les ressources pour réagir dès le lendemain, en utilisant l'ouverture Catalane, petite suprise pour ce tacticien hors pair qui emploie une ligne très stratégique, à la Kramnik !
kramnik laughing
 
Début de match fracassant pour les deux parties, qui promettait un match très animé !
Dans les coulisses, première embrouille entre Silvio Danailov et le Pdg de ChessBase, Frederic Friedel ! L'agent de Topalov, qui n'est pas né de la dernière pluie,
danailov toiletgate
fit comprendre à l 'allemand qu'il était hors de question que le site ChessBase montre des vidéos du match sans l'autorisation expresse du Comité d'Organisation !
Après une nulle dans la troisième partie, Anand fit encore parler la poudre dans la 4eme ronde, toujours sur une Catalane, mais beaucoup plus explosive que la première, avec un Cavalier qui va s'immoler sur le pion h6 pour donner une attaque gagnante !
 
Kasparov-laugh.jpg
 
2 à 1 pour l'indien, qui domine Topalov avec sa Catalane !
Un invité de marque, à Sofia, pendant ce championnat, Anatoly Karpov,
karpov-tolya-chess-sofia.JPG
ancien champion du Monde et candidat à la présidence de la FIDE, contre Kirsan Ilioujminov, qui vient signer quelques autographes,
karpov-tolya-chess.JPG
et sonder un certain Silvio Danailov, futur candidat à l'European Chess Union et possible allié !
karpov-danailov-chess-fide.JPG
Durant trois parties, l'équilibre va triompher, jusqu'à cette 8eme ronde où Topalov, l'attaquant, va superbement jouer une finale, à la Karpov, sous le regard admiratif de ses trois secondants, Ivan Cheparinov, Erwin L'Ami et Jan Smeets !
cheparinov-l-ami-smeets-topalov.JPG

 

 

 

topalov-laugh.jpg
Topalov recollait donc au score, ce qui promettait un final plein de suspens !
peur.gif
Ronde 9, et Anand qui réagit vigoureusement, en donnant la Dame pour les 2 Tours du bulgare, mais l'indien ne trouve pas le gain et ne pourra échapper aux échecs perpétuels de la Dame noire !
anand-topalov-wch-sofia-2010.JPG
Une occasion ratée pour Vishy !
anand_southpark.jpg
2 rondes sur le fil du rasoir, avec le partage des points, et voici la dernière partie, dans laquelle le bulgare aura un avantage psychologique, en ayant les Blancs pour cette ultime duel ! Or, pour le moment, ce sont les Blancs qui jouent et gagnent !
topalov-anand-sofia-chess-dark.JPG
Topalov va donc jouer son va-tout, pour éviter les départages en parties rapides, dans lesquelles excelle l'indien ! Mais les risques pris par le bulgare, vont s'avérer suicidaire !
Dernière partie gagnée par Anand, qui conserve son titre, après un match très disputé, où les deux joueurs ont fait honneur à la déesse Caïssa !
topalov-anand-sofia-world-chess.JPG
Il pourrait s'avérer que le prochain challenger de l'indien, soit peut-être un jeune prodige norvégien, Magnus Carlsen, entraîné par un certain Kasparov ...
barbu-beard.jpg
Mais Terminator Vishy n'a vraiment peur de rien !
anand-terminator.jpg
Un petit QUIZZ pour finir. It's a long way ....
 
Par Tietie007 - Publié dans : Champions du Monde
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 18:12

smyslov old

 

 

Malgré la perte de son titre, contre le grand Botvinnik, Smyslov, en pleine force de l'âge, va continuer à dominer les échecs mondiaux. En 1959, il gagne le Memorial Alekhine,

 

alekhine-chess.jpg

 

devant Bronstein et Spassky !

Mais au tournoi des Candidats de Bled/Zagreb/Belgrade, en 1959, où le jeune prodige américain, Bobby Fischer, fit une entrée fracassante sur la scène échiquéenne,

 

fischer-smyslov-chess.jpg

 

 

 

Smyslov termina 5eme, à 5 points de la tornade Mihail Tal, qui domina outrageusement le tournoi !

 

candidat-Zagreb-1959.JPG

 

D'ailleurs le moscovite et sa caro-kann, défense qui traduisait bien l'hyper-modernisme du style smyslovien, se firent exploser par Micha le terrible !

 

 

Tournoi marathon que ce Candidat, avec 28 rondes et un Vassily, qui à la 25eme ronde, se fit miniaturiser par Gligoric ...Tellement rare que je montre la partie !

 

 

Passé la déception, il gagna par deux fois à  Moscou, devant Korchnoi, une première  fois, puis devant Vasiukov.
moscow-zcc-1961.JPG

 

Alexander Tolush passa un court moment avec l'ancien chcampion du monde puisqu'après son 16eme coup ... Dd8,

 

Les Blancs jouent et gagnent.

 

Smyslov, V-Tolush, A, Moscou ZCC 1961 (8), 1-0.

 

smyslov-tolush-moscow-1961.JPG

 

Malgré l'arrivée de la génération d'après-guerre, les Korchnoi, Spassky, Tal, le moscovite tient largement son rang, et regagne le Memorial Alekhine dans sa ville natale, devant Micha Tal !

 

alekhine-mem-1963-JPG

 

Sa Caro-Kann commence à performer, puisqu'il en gagnera 3 sur 3, lors de ce tournoi, dont une contre Pietzsch, avec une touche finale élégante !

 

Les Noirs jouent et gagnent.

 

Pietzsch, W-Smyslov, V, Mem Alekhine Moscou 1963 (4), 0-1.

 

Pietzsch-smyslov-alekhine-mem-1963.JPG

 

Gagnant le Memorial Capablanca à La Havane, à égalité avec Uhlmann, en 1964, il fait surtout un superbe Interzonal d'Amsterdam qu'il gagne au départage, devant Larsen, Spassky et Tal, une belle brochette de jeunes loups !

 

1964_amsterdam-interzonal.jpg

 

amsterdam interzonal 1964

 

 

Malheureusement, son match contre Geller, vers le titre mondial, va être un vrai chemin de croix, avec 3 défaites sur 8 parties, avec, lors de la 5eme ronde, sa Gruenfeld qui se fit atomiser par Efim !

 

 

Mais juste après avoir sombré contre Geller, il gagne le Memorial Capablanca, à La Havane, en 1965, devant ce même Geller et un certain Bobby Fischer, qui revenait à la compétition et qui jouait par telex du Marshall Chess Club !

 

la-havane-1965.JPG

 

 Le moscovite remit le couvert juste après, à Santiago, toujours devant ce même Geller !

Loin de Stein, lors du championnat d'URSS en 1966, il rebondit à Mar del Plata, où il gagne le tournoi devant ce même Stein et Portisch !

En 1967, à La Havane et à Palma, il termine deux fois troisième derrière Bent Larsen, et à Monaco, il finit juste derrière le vainqueur, Robert James Fischer et l'année suivante, il finira 4eme derrière le vainqueur, Bent Larsen !

Mais c'est au traditionnel tournoi d'Hastings, qui se déroule, chaque année, de décembre à janvier, que Vassily retrouve la gagne en battant, notamment, en plaçant une belle combinette à l'anglais de service, Maxwell Fuller !

 

 

Les Blancs jouent et gagnent.

 

Smyslov, V-Fuller, M, Hastings 1968-69 (5), 1-0.

 

smyslov-fuller-hastings-6869--5-.JPG

 

 

 Faste année 1969, puisqu'il remporte le tournoi de Monte-Carlo, au départage, sur Lajos Portisch et en vantant son vieil adversaire, David Bronstein !

 

Smyslov_01.jpg

 

 

 

 

Au super-tournoi de Rovjni-Zagreb, en 1970,  derrière un Bobby intouchable qui finit avec 2 points d'avance, Smyslov finit en compagnie de Petrossian et de Korchnoi ! L'ancien champion du monde continue son bonhomme de chemin, notamment en remportant le tournoi IBM d'Amsterdam en 1971,

 

amsterdam-ibm-1971.JPG

 

 et remet à sa place le jeune espoir hongrois Andras Adorjan,

 

adorjan-chess.jpg

 

 avec ce style très particulier de l'ancien champion du Monde, entre l'hyper-modernisme et le romantisme !

 

 

Toujours présent au championnat d'URSS, il finit deuxième derrière l'étonnant Savon et devant Tal, Karpov, Polougaievsky et Taimanov !! Rarement, le futur champion du monde, aura été dominé de la sorte !

 

Anatoly Karpov

 

 

 

 

 

Malheureusement, à l'Interzonal de Pétropolis, au Brésil, Vassily va finir au pied du podium, et n'accèdera pas aux matchs de candidats !

Le tournoi, gagné par le jeune prodige brésilien, Henrique Mecking,

 

1973_petropolis.jpg

 

verra Geller, Polougaiesvsky et Lajos Portisch se qualifier ! Pourtant, l'ancien champion du monde avait montré, contre son vieil adversaire Paul Keres, qu'il avait encore de beaux restes au niveau tactique !

 

 

 

 

Le 41eme championnat d'URSS semble consacrer le déclin inéluctable du vieux champion, avec une 15eme place peu glorieuse ! En 1975, au cours d'un tournoi par équipes où l'équipe des vétérans soviétiques rencontrent celle des jeunes espoirs, l'ancien champion du monde va croiser le fer avec un jeune azeri, Garri Kasparov ...

 

young-Kasparov-chess.jpg

 

Encore un peu trop tendre, le jeune homme va tomber sur un os trop dur pour lui ...mais ça ne sera que partie remise !

 

 

 

 

En 1976, à l'Interzonal de Biel, Smyslov reste encore une fois au pied du podium, derrière Larsen, le vainqueur, Petrossian, Portisch et Tal ! Pourtant, Vassily avait pris le magicien de Riga à son propre jeu, en pêchant en eaux troubles ...

 

 

 

 

Le 44eme championnat d'URSS est gagné par Karpov. Smyslov, 7eme, dernier représentant de la génération d'avant-guerre finit malgré tout 7eme et se fait la main sur Grigorian !

 

Les Blancs jouent et gagnent.

 

Smyslov, V (2580)-Grigorian, K (2485), 44th URSS ch Moscow 1976 (11), 1-0.

 

smyslov-grigorian-urss-ch-moscow-76.JPG

 

 

Toujours actif malgré ses presque 60 ans, le moscovite, qui a son avenir derrière lui, écume les tournois et arrive, encore, à en gagner quelques uns, comme à Sao Paulo, en 1978, devant Dorfman, ou à Berlin-Est, en 1979, devant Csom et Bagirov. Mais à Tilburg, cette même année 79, il vivra son chemin de croix, en terminant bon dernier dans un tournoi gagné par Karpov !

En 1981, un match par équipes, oppose l'équipe des vétérans soviétiques à celle des jeunes espoirs, une revanche du match de 1975, et l'ancien champion retrouve un certain Kasparov, qu'il avait battu, 6 ans plus tôt. Cette fois-ci, l'azéri va vaincre le vieux sage, en finale ... Mais peu après, au super-tournoi de Moscou, un catégorie 15, Smyslov accompagne Kasparov et Polougaievsky juste derrière Karpov, résultat étonnant pour un joueur sur le déclin, et le grand espoir occidental, Jan Timman, va s'en apercevoir !

 

timman-chess-netherland.jpg

 

 

 

 

Chant du cygne ou retour en forme ? L'Interzonal de Las Palmas va donner la réponse, Smyslov terminant second derrière le hongrois Ribli et devant Petrossian, Tukmakov, Timman, Larsen et Psakhis !

 

las palmas interzonal 1981

 

L'anglais Jonhatan Mestel, a certainement pensé, à tort, que Papy Smyslov aurait du mal à calculer les variantes ...

 

 

18 ans après l'interzonal d'Amsterdam, l'ancien champion du Monde retrouve le cycle des candidats et va rencontrer, en 1983, le papyrologue allemand, Robert Huebner, à Velden, pour un match nul qui va se jouer sur un coup du sort ! A 7 à 7, un tirage au sort va être organisé pour désigner le vainqueur. Au casino de la ville, devant la roulette, Smyslov choisit la couleur rouge, et c'est le zéro qui tombe !  Le deuxième jet fut le bon et la boule choisit la couleur du mosvovite, renvoyant Huebner à ses papyrus !

A Londres, pour les demi-finale, le moscovite va retrouver Zoltan Ribli, le vainqueur de l'Interzonal de Las Palmas. Après une victoire chacun, dans la 5eme ronde, le vétéran va proprement exécuter son jeune adversaire, dans une attaque de grand style !

 

 

 

 

Finissant le travail lors de la 7eme ronde, Smyslov, à la suprise générale se qualifiait pour la finale des candidats, contre le jeune Garri Kasparov, élève de son ancien adversaire, Mikhail Botvinnik ! Près de 35 ans plus tard, le moscovite après avoir rencontré le maître, allait se farcir l'élève !! 

 

smyslov-chess-old.jpg

 

Un match des générations, à Vilnius, qui allait tourner court, le vieux joueur, malgré toute son expérience ne pouvant lutter contre le génie azéri, l'homme qui allait vaincre Karpov ... Mais là n'était pas l'important, Vassily Smyslov, à 62 ans, 26 ans après son titre mondial, revenait au zénith échiquéen, un magnifique gage de longévité ! Battu sur le score sans appel de 8,5 à 4,5, le moscovite perdra ce match mais entrera dans l'histoire. Il continuera par la suite à pousser du bois dans le monde entier, jusqu'au 27 mars dernier !

 

smyslov-chess-horse.jpg

 

 

 

 

Par Giraud Thierry - Publié dans : Champions du Monde
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Lundi 5 avril 2010 1 05 /04 /Avr /2010 20:46

smyslov old

 

 

 

Un des derniers géants de la période Botvinnik, Vassily Smyslov, ancien champion du monde, vient de rendre l'âme, dans la nuit du 26-27 mars 2010, à l'âge de 89 ans.

Né le 24 mars 1921, alors que la révolution bolchevique triomphait des forces blanches, le petit Vassily apprit les échecs dès l'âge de 6 ans avec son père.

 

smyslov-father.jpg

 

 Pur produit des échecs soviétiques de l'avant-guerre, Smyslov devient champion d'URSS Junior en 1938. En 1940, lors de la 12eme édition du championnat d'URSS, il finit 3eme devant un certain Mikhail Botvinnik, et derrière le toujours vivant, Andors Lilienthal ! Vassily et Mikhail ne savaient peut-être pas, à l'aube de la seconde guerre mondiale, que leur rivalité allait durer près de 20 ans !

 

smyslov_botvinnik58.jpg

 

 

 

2 ans plus tard, alors que les allemands sont proches de la capitale soviétique, Smyslov gagne le championnat de Moscou, en 1942, devant Boleslavsky et Kotov. En 1944, il finit juste derrière Botvinnik lors du 13eme championnat d'URSS à Moscou, contre qui il perdit, le 31 mai 1944, lors de la 8eme ronde. Le 6 juin 1944, alors que les alliés débarquaient en Normandie, le jeune mosvovite tactifiait le malheureux Ravinsky lors de la 11eme ronde.

 

 

De nouveau champion de Moscou en 1945, il punit l'impudent Kamishov, qui le défia sur un Gambit letton !

 

 

 

Alors que Botvinnik survolait le 15eme championnat d'URSS et que Vassily se prenait un gadin, avec la 11eme place, il eut malgré tout l'honneur d'être sélectionné dans l'équipe d'URSS qui va affronter les USA par radio et il se paya, par deux fois, la tête de l'ancien enfant prodige des échecs, Samuel Reshevsky, un peu trop optimiste !

 

reshevsky-boy.jpg

 

Et oui Samy, on peut toujours sacrifier sa Dame !

 

 

 

Puis vont suivre 4 ans de vaches maigres qui le feront hésiter entre une carrière de baryton et de joueurs d'échecs ! 1946, c'est David Bronstein qui devint champion de Moscou, reléguant Smyslov à la 8eme place, malgré une victoire contre Estrin, qui illustrait le talent tactique du moscovite !

 

 

 

4eme du championnat d'URSS en 1947, il mordit la poussière contre le grand Paul Keres,

 

Paul_Keres.jpg

 

 

 sur une Anglaise contre laquelle j'ai déjà joué cette défense !

 

  

 

 

 

 

Lors du Memorial Chigorin, la même année, c'est encore Botvinnik qui le toise d'une courte tête ! Rebelote lors du championnat du Monde en 1948, marathon échiquéen qui consacre le grand Mikhaïl Botvinnik !

 

Baryton d'exception, Vassily déçu par les échecs allaient embrasser la carrière de l'opéra, quand, en 1949, il devint le 17eme champion d'URSS, devant une brochette de prestigieux poursuivants dont les noms font encore rêver … Bronstein, Keres,Taimanov, Petrossian !

 

ch URSS 1949

 

 

 

 

 Avec son style pragmatique, le champion moscovite comme Capablanca, développe simplement ses pièces pour conclure par des petites combinaisons tactiques comme ici, contre Liublinsky !

 

Les Blancs jouent et gagnent.

 

Smyslov, V - Liublinsky, V, URSS ch Moscow 1949 (13), 1-0.

 

Smyslov-Liublinsky-V-ch-urss-1949.JPG

 

 

Les voyages inhérents à la vie d'un joueur d'échecs lui conviennent et il finit 2eme du tournoi de Venise, derrière Kotov et devant Rossolimo, en 1950, il montre tout son talent pour contrer la Française du hollandais Donner !

 

 

 

 

Aux Olympiades à Helsinki, en 1952,

 

finland-chess-1952.jpg

 

il participe à la victoire de l'URSS devant l'Argentine et une partie d'anthologie contre Lothar Schmid, futur grand abritre.

 

 

 

Mais c'est à Zurich, lors du tournoi des candidats, en 1953, immortalisé par le livre de David Bronstein, qui reste un classique de la littérature échiquéenne (qui fut et qui est toujours mon livre de chevet !),

 

zurich-1953.jpg

 

 

 

qu'il livre son chef d'oeuvre échiquéen, gagnant le Tournoi,

 

candidate-tournament-1953-zurich.JPG

 

 

 

 et brisant l'Anglaise de son déjà habituel adversaire, Paul Keres ! Enjoy the defense !

 

 

 

 

 

C'est en mars 1954 qu'il rencontre donc le champion du Monde, Mikhail Botvinnik.

 

botvinnik-smyslov.jpg

 

 

 Les premières rondes firent penser que le challenger n'était pas au niveau puisqu'au bout de la 4eme ronde, le score était de 3 à 0 pour le champion en titre. Mais alors que le match semblait déjà plié, le jeune moscovite fit morde par trois fois la poussière au grand Mikhail ! C'est lors de la 9eme ronde que le tocsin de la révolte sonna et que le moscovite terrassa le petersbourgeois, en se permettant le luxe de sacrifier sa Dame !!

 

young-smyslov.jpg

 

 

 

 

Non content d'avoir humilié le champion, Smyslov remit le couvert à la 10eme ronde en profitant d'un 24.Fd2 ? qui lui permit une combinette libératrice !

 

Les Noirs jouent et prennent l'avantage.

 

Botvinnik, M-Smyslov, V, Wch Moscou 1954 (10), 0-1.

 

bovinnik-smyslov-1954.JPG

 

 

Rebelote à la 11eme ronde, où Vassily, dans une variante d'échange de l'Espagnole, terrassa le champion sur son terrain, la Finale ! Le challenger menait désormais au score. Mais Botvinnik, après ce grand-roque incroyable, reprit les choses en main, en s'imposant 4 fois, dans les rondes suivantes, et conserva son titre malgré deux défaites finales, grâce à une égalité parfaite qui laissait la couronne mondiale au champion.

Smyslov était passé prêt de l'exploit, il se consola en gagnant le tournoi d'Hastings,

 

Smyslov-hastings.jpg

 

à la fin de l'année, dépassant Keres au départage, où il se permit dans un style très, smyslovien, de miniaturiser le grand-maître allemand Wolfgang Unzicker !

 

 

 

Il survole ensuite le tournoi de Zagreb, en ce début d'année 1955, reléguant Geller et Gligoric

 

  Zagreb 1955

 

 

 

 à 2,5 points. Ici, contre Fuderer, sur une Espagnole, le moscovite domine stratégiquement puis, conclut la partie par une petite combinaison à la Capablanca !

 

Les Noirs jouent et gagnent.

 

Fuderer, A-Smyslov, V, Zagreb 1955 (4), 0-1.

 

fuderer-smyslov-zagreb-4-1955-copie-1.JPG

 

 

 

 

 

Superbe année 1955, où il devient, 6 ans après son titre de 1949, au départage devant Geller, champion d'URSS, devant une brochette de grands joueurs dont trois champions du monde, le tenant du titre Botvinnik, et les futur couronnés Tigran Petrossian et Boris Spassky avec un certain Viktor Korchnoi qui finira avant-dernier !

 

moscow-1955-chess.JPG

 

Paul Keres va être victime de la virtuosité combinatoire du moscovite, lors de la 4eme ronde.

 

 

Le moscovite se permit le luxe d'écraser Botvinnik, à la 11eme ronde, sur une Sicilienne Fermée, partie qui annonçait des lendemains qui chantent !

Mais le grand Mikhail a toujours su rebondir ...et quelques mois plus tard, il gagne le Memorial Alekhine, au départage, devant ...Smyslov ! Vassily, qui, avec les Noirs, se permit de miniaturiser le champion est-allemand, Uhlmann !

 

 

Depuis sa finale malheureuse de 1954, Smyslov avait démontré qu'il était le challenger naturel de Botvinnik, et le tournoi des Candidats d'Amsterdam, en 1956, confirma son leadership, puisqu'il le gagna avec 1,5 points d'avance sur l'éternel second, Paul Keres !
candidate-tournament-1956-amsterdam.JPG

 

Le 5 mars 1957, Botvinnik poussait le pion "c" en guise de première ronde,

 

smyslov-botvinnik-corea.JPG

 

 

mais l'Anglaise, variante Botvinnik, se cassa les dents sur le jeu précis de Smyslov !

 

bovinnik-smyslov-1957.JPG

 

Une première ronde perdue pour le champion, qui annonçait des lendemains douloureux ! Si le tenant du titre fit coup double, dans la ronde 4 et 5, reprenant la tête, la réaction smyslovienne ne se fit pas attendre, puisqu'il égalisa lors de la ronde 6,

 

 

 

 

et prit l'avantage lors de la ronde 8, avec un pion "a" qui tua la Sicilienne de Botvinnik !

 Le 27 avril 1957, lors de la 22eme ronde, la paix fut signée rapidement entre les deux joueurs et Vassily Smyslov devenait le 7eme champion du Monde de l'histoire des échecs !

Mais le champion déchu reprit son labeur quotidien pour préparer sa revanche, et, un an plus tard, en avril 1958, le retour de Mikhail fut terrible, puisqu'il infligea 3 défaites à Smyslov dans les trois premières rondes !! Le tout nouveau champion du Monde ne se remit jamais de ce départ calamiteux, malgré quelques belles réactions, notamment lors de la 19eme ronde !

 

 

 

 

Battu sur le score de 12,5 à 10,5, Smyslov n'aura goûté l'Olympe échiquéen que durant un an, et, à près de 40 ans, il n'aura plus jamais l'occasion de porter la couronne mondiale, la nouvelle génération échiquéenne arrivant en force, avec les années 60.

Il n'en reste pas moins que durant deux décennies, le joueur moscovite domina les échecs mondiaux et ses duels contre Botvinnik, resteront à jamais gravés dans la mémoire échiquéenne !

 

 

Par Giraud Thierry - Publié dans : Champions du Monde
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