Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Tietie007

karpov-champ-1975.jpg

 

Le nouveau champion du Monde, sur tapis vert, du fait du silence de Robert Fischer, désormais rentré dans un long tunnel, fit apparaître Karpov comme un champion au rabais, notamment en Occident.

Anatoly va donc devoir prouver, dans les tournois internationaux, qu'il était le vrai patron des échecs mondiaux. C'est au super-tournoi de Portoroz/Ljubljana, en 1975, qu'il va commencer sa série de victoire, en faisant mordre la poussière au Dragon de Diego Martinez.

Le jeune espoir hongrois, Lajos Portisch, connaîtra aussi la loi du champion du Monde.
portoroz ljubljna 1975
L'année suivante, il récidiva à Skopje, en triomphant devant Uhlmann, et faisant comprendre à Kurajica, que les finales avec des Fous de couleurs opposés, ne sont pas toujours nulle !

skopje-1976-chess-karpov.JPG
Il confirme surtout son titre mondial en gagnant le 44th championnat d'URSS, devant les meilleurs joueurs soviétiques du moment. Il démontra, contre Tseshkovsky, qu'il n'était pas qu'un joueur positionnel ...

Les Blancs jouent et gagnent.

Karpov, A (2695), Tseshkovsky, V (2550), 44th URSS ch Moscou (17) 1976.

karpov-tseshkovsky-moscou-urss-1976.JPG

Victoire convaincante, dans un championnat marathon, avec 17 rondes !!
urss-ch-chess-1976-moscow.JPG
Après quelques parties de billard,

Karpov-pool-1976.jpg
Tolya remit le couvert à Bad Lauterberg, sur les terres de Robert Huebner, en devançant le jeune espoir hollandais, Jan Timman et son entraîneur, Semion Furman.
Ici, contre Csom, Karpov a un mat en 7, mais le joueur hongrois abandonnera avant de se faire mater !

Les Blancs jouent et matent.

Karpov, A (2690)- Csom, I (2535), Bad Lauterberg 1977 (12).

karpov-csom-bad-lauterberg-1977.JPG
bad lauterberg 1977 karpov
Il réussit un score stratosphérique au super-tournoi de Las Palmas, avec 13,5 points sur 15, reléguant Bent Larsen à 2,5 points !

Karpov-las-palmas.jpg
Anatoly s'essaye à d'autres ouvertures, plus positionnelles, comme l'Anglaise, début fétiche de Viktor Korchnoi, avec laquelle il va totalement saucissonner le jeune talent anglais Tony Miles.

Rien de mieux que d'utiliser les armes de son probable futur adversaire, pour le titre mondial, en brouillant les pistes !
D'ailleurs, Karpov ne se gêna pas pour exploser l'Anglaise du pauvre italien Stefano Tataï avec un coup suprenant !
Que joua Tolya dans cette position, véritable coup de tonnerre dans un ciel d'azur ?

tatai-karpov-las-palmas-1977.JPG
La solution est ici ...

las-palmas-1977-ajedrez-chess.JPG
Après quelques ratés, notamment au tournoi fêtant les 60 ans de la révolution d'Octobre, où il ne finit que 5eme, il va gagner le tournoi de Tilburg, où il va encore une fois matraquer l'anglais Tony Miles, avec une Anglaise !!

Tilburg-chess-1977.JPG
Pendant ce temps, la vie de Korchnoi ne fut pas un long fleuve tranquille ! Refusant de faire un rapport sur le jeu de Robert Fischer, pour la finale mondiale qui devait opposer l'américain à Karpov, le finaliste malheureux des Candidats fut privé de tournois internationaux en cette année 1975. Réautorisé à jouer à l'étranger, en 1976, il demanda l'asile politique aux Pays-Bas, lors du tournoi IBM, à Amsterdam, compétition qu'il gagna. Les autorités soviétiques réagirent avec violence, et, en septembre 1976, un appel signée par 30 GM soviétiques, reprenait les dires de l'agence Tass, qui traîtait Korchnoi de "rénégat" seulement attiré par le profit. La missive vengeresse demandait aussi à la Fédération Internationale des Echecs, d'interdire le dissident de toutes compétitions internationales. Mais du fait des tensions internationales depuis la guerre du Kippour, les soviétiques et les pays de l'Est avaient boycotté les Olympiades d'Haïfa, ce qui ne laissait aucune chance à la demande soviétique d'aboutir. Mais les hostilités entre les deux hommes étaient déjà lancées !
D'ailleurs, devant le refus de la FIDE de sanctionner Korchnoi, la fédération soviétique des échecs décida de boycotter les tournois auxquels le dissent participaient.
C'est dans cette situation difficile, avec sa femme et son fils encore retenus en URSS, qu'un Korchnoi esseulé, va commencer sa longue route vers la finale mondiale.
D'abord à Ciocco, en Italie, contre son ennemi intime, pour le quart-de-finale des Candidats, en février-mars 1977. Viktor l'emporte sur le score de 2 à 1, dominant Petrossian dans le jeu simple, en finale, comme dans la 5eme ronde.

En juillet 1977, le marathon continue, contre Lev Polougaïevsky,

LevPolugaevsky.jpg
qui, un peu à la suprise générale, avait éliminé un des favoris pour le titre, le jeune prodige brésilien, Henrique Mecking. Polou, pourtant joueur très expérimenté, va se faire écraser par Viktor le "terrible", au casino d'Evian. Au bout de 3 rondes, Korchnoi menait par le score, "fischérien", de 3 à zéro ! La match n'avait pas encore commencé qu'il était déjà plié, démontrant la forme olympique du dissident ! Gagnant le match par le score de 8 à 4, voici la partie de la 7eme ronde.
En finale des Candidats, à BelgradeKorchnoi va retrouver Boris Spassky,

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/59/Boris_Spasski_1980.jpg/220px-Boris_Spasski_1980.jpg

vainqueur  successivement de Vlastimil Hort et de Lajos Portisch. Pour quelqu'un que l'on disait "mort" après sa défaite contre Fischer, à Reykjavik, en 1972, Spassky, depuis, avait fait une demi-finale des Candidats, battu par Karpov, lors du dernier cycle mondial et se retrouvait, pour ce nouveau cycle mondial, en finale des Candidats ! Beau parcours pour quelqu'un de soi-disant fini ! D'ailleurs, les deux hommes s'étaient déjà rencontrés en match, en 1968, pour la finale des Candidats, et Spassky l'avait emporté, avant de devenir champion du Monde contre Tigran Petrossian.
Dans Le jeu de la Destruction (Jacques  Grancher Edit, 1981), Korchnoi évoque ses rapports amicaux avec Spassky, jusqu'à ce match, où l'enjeu politique brouilla, provisoirement, les deux hommes.

spassky-korchnoi-belgrade-1977.jpg

Après une première ronde nulle, dans la deuxième partie, la Française du dissident va frapper !


Korchnoi allait remettre le couvert dès la partie suivante, avec son Anglaise. Spassky et son équipe de secondants avaient choisi une variante peu jouée, pour contrer l'ouverture favorite de Viktor le Terrible ...Mais la surprise concoctée par les soviétiques se retournèrent contre eux, puisque le dissident trouva assez aisément la parade.

3 rondes, et déjà 2 à 0 pour Viktor Korchnoi, qui continuait son parcours parfait, écrasant ses adversaires les uns après les autres !
Après 3 autres rondes égales, Korchnoi reprend le chemin de la victoire, avec son Anglaise  fétiche, arrivant dans une fin de partie, au matériel réduit, situation où il excelle ! Il récidiva ronde 8, avec, une nouvelle fois, sa Française, toujours dans une finale avec peu de matériel.
Le match semblait plié, puisqu'à la 10eme ronde, le dissident infligé une 5eme défaite à son adversaire, toujours sur sa Française, encore dans une finale de Tours ...
Korchnoi avait beau joué toujours les mêmes ouvertures, l'Anglaise et la Française, l'équipe des secondants de Spassky, dirigée par le GM Bondarevsky, n'arrivait pas à trouver la parade. Le dissident arrivait tout le temps dans une fin de partie avantageuse, où sa connaissance des finales faisait la différence.
Mais lors des 4 rondes suivante, Spassky va scorer 4 fois ...un retournement de situation incroyable ! La partie de la 13eme ronde montre un Korchnoi qui perd complètement les pédales !

Dans la ronde suivante, Korchnoi abandonnait sa Française fétiche, mais Spassky utilisait alors une ouverture inusitée, la Viennoise ! Peut-être décontenancé, le dissident bourda encore une fois et perdit la partie !
Le score était de 5 à 4, et le match était relancé. Mais Korchnoi reprit ses esprits et Spassky retomba dans une certaine torpeur. 2 victoires, lors des 17eme et 18eme ronde envoyèrent Viktor le terrible en finale contre Karpov.

Commenter cet article

Echecs en ligne 28/06/2013 05:13

Karpov a révolutionné le jeu positionnel. Il reste un très grand champion qui a su parfois, tenir la dragée haute à Kasparov, qui était à l'époque l'un des meilleurs joueurs de tous les temps...
Personnellement je trouve son jeu très intéressant, très profond, mais un peu sur la retenue tout de même. Cela dit ses parties ont toujours quelque chose à nous apprendre !